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HelloCoton

vendredi 17 juin 2016

Au coeur d'une maison longue chez les Iban : Makai !

Par où commencer, par où commencer ? Nous avons passé 3 jours tellement hors du temps qu’il est difficile de tout remettre en place !

Reprenons du début donc ! Un rapide topo s’impose ! La population native de Bornéo est le peuple Iban. Installé depuis des siècles sur ces terres, il vit dans des « maisons longues », des immenses maisons sans étages et en longueur partagées en plusieurs « appartements ». La plupart des personnes qui y vivent en communauté sont des fermiers cultivant le poivre (on l’ignore mais le poivre du Sarawak est exporté à raison de 25 000 tonnes par an dans le monde !), et installés dans ces maisons longues de génération en génération. Certaines sont au bord des routes, d’autres plus isolées dans les montagnes. Et c’est au coeur d’une de ces dernières, que nous avons vécu pendant 3 jours.

Après notre très courte nuit (3h) dû à la mésaventure MAS Wings (aaahhhhh!), notre guide Chris est venu nous chercher à 6h du matin pour une très longue journée. 

5 heures de route sous la pluie depuis Kuching, pour partir plus à l’est et plus au sud, près de la frontière indonésienne. Nous essayons de récupérer un peu avant le trek qui nous attend. Et on fait bien !

Après un rapide déjeuner, nous prenons de l’altitude et garons la voiture. À partir de là, il faudra marcher ! Heureusement il ne pleut plus ! Mais le sol est boueux et extrêmement glissant. 

Le chemin est dur, vraiment dur. Nous montons parfois à pic et lorsque ça descend, c’est tellement glissant que l’on se casse la figure. Le paysage par contre est magnifique ! Depuis la montagne, nous dominons le paradis vert de Bornéo et les plantations de poivre. Nous voyons au delà du Sarawak, les hautes montagnes de la partie indonésienne de Bornéo. La marche est rude. 




Au top avec mes chaussettes anti-sangsues !
Au bout de 2 ou 3 heures, Chris me dit qu’il est temps pour moi d’enfiler mes chaussettes anti-sangsues (ne me jugez pas !). Les sangsues sont ma hantise ! Et là c’est parti ! 

2 heures de marche au milieu de la forêt et des sangsues. Nico passe son temps à les enlever de ses chaussures, Chris, se fait mordre à tout va, moi je fais l’autruche mais à chaque fois que je baisse la tête, j’en ai plein sur les chaussures. 


Beurk !
On fait une petit pause au sommet du mont que nous avons enfin atteint  (Bukit Sadok) puis c’est reparti ! Presque 1 heure avant d’arriver, la maison longue est en ligne de mire, enfin, c’est ce que l’on croit. En fait, on ne peut pas la voir avant d’y être, mais une petite maison de fermier située un peu avant est posée au milieu des plantations comme un phare. 

Je me dis qu’on est fou, que quoi qu’il se passe, ça n’en vaut pas la peine ! Je suis au bout…  6 heures de marche éreintantes quand soudain… elle apparaît.

Des coqs braillent dans tous les sens, des motos et quelques pick-up sont garés à l’entrée, puis viennent les cochons et des gens qui se douchent au « robinet ». Quel tintamarre ! Comment cette maison a pu passer inaperçu jusqu’à ce que nous y arrivions ?!

Entrée de la maison longue

Coqs destinés à des combats
Nous croisons quelques enfants plutôt timides et insensibles à nos « hello ! » puis nous arrivons sur ce que nous appellerons le « balcon ». Il n’en est pas un à proprement parler car il est fermé par d’autres constructions : des douches et des toilettes extérieures aux appartements. Le mieux est que vous voyez par vous même grâce aux photos.

Le "balcon"
Sur des bancs sont installés des vieux monsieurs souriants qui nous serrent la main et nous disent « hello ». Nous nous asseyons, c’est irréel. Les enfants courent, les femmes se promènent en sarang, elles sortent de la douche. Un homme vient nous saluer, c’est le chef de la maison, Siba. 

Il faut savoir que chaque maison longue a un chef. Souvent le rôle de chef se transmet de père en fils mais les habitants des lieux ont leur mot à dire. Ils doivent juger si le fils ou la fille d’ailleurs, a les qualités requises pour la fonction. Si ce n’est pas le cas, des élections ont lieu. 

Le chef est très important, il représente la maison au delà de ses frontières, auprès d’autres maisons longues mais aussi auprès de l’état du Sarawak et de l’état malaisien.

Tout le monde nous sourit. Nous sommes sonnés par notre longue marche et en même temps déconnectés immédiatement, loin de nos repères, loin de tout, juste là, dans l’instant. Nous sommes perdus d’une bonne manière. Et Perdu, c’est justement le nom de ce village. Il fait référence à un fruit local… n’est-ce pas une jolie coïncidence ?

Après une bonne douche (au baquet, la vie est précaire ici !), nous rejoignons nos hôtes. Il s’agit du frère de Siba et de sa femme. Mais il n’y a pas qu’eux ! Leurs enfants et leurs petits enfants sont là, ainsi que le chef ! Et là, nous découvrons ce qui va être notre quotidien pendant 3 jours : l’abondance de nourriture ! Sur la table il y en a de partout ! Des crackers, des cacahuètes, des fruits. En boisson : du thé, du café et des bières, le sucré, le salé tout est mélangé ! On nous apporte des fruits du dragon, ils voient que nous aimons ça, ils nous en ramènent ! Nous sommes 10 autour de cette table, tout le monde nous sourit et nous incite à manger ! Chris nous avait prévenu que les Iban mangeaient beaucoup ! Et on va s’en rendre compte à chaque instant ! 

Chris part se doucher, tout le monde s’affaire et nous nous retrouvons seuls avec le chef. Il ne parle pas un mot d’anglais. En fait personne ne parle anglais à part Chris. Nous apprendrons plus tard que Siba ne sait ni lire ni écrire. Nous nous sourions, nous essayons de lui poser des questions. On tente une approche par le football mais il n’a pas l’air de comprendre. On lui montre des photos d’Elliot, de notre maison puis l’hôtel de ville de Lyon. Là il comprend qu’il s’agit de la maison du chef à Lyon, ça le fait rire. Et à défaut de bien se comprendre, il nous fait manger !

Chris revient, on passe à table et apprenons le mot le plus important pour les Iban : Makai ! Makai ça veut dire manger et ils n’arrêtent pas de le dire ! 

La femme du chef et son fils arrivent avec de la nourriture, nos hôtes amènent pléthore de plats. Nous nous installons par terre et ça n’arrête pas ! Makai ! Makai ! On nous exhorte à manger. Certaines choses sont bonnes d’autres plus déroutantes. Parmi les plats : de la chauve souris ! Je ne peux m’y résoudre mais Nico goûte. Ce n’est pas fameux, surtout des os ! L’ambiance est très conviviale ! ça parle, ça rigole, Chris de temps à autre essaye de nous expliquer l’objet de leur conversation, principalement orientée autour d’un festival d’alcool de riz qui a eu lieu une semaine auparavant entre différentes maisons longues de la région.

Puis vient le moment d’aller dehors. Entre les appartements et le balcon, se trouve un immense zone de vie, une sorte de place publique, où sont posées des nattes sur lesquelles s’installer et des hamacs où se prélasser. Tout le monde se retrouve, le chef amène un panier rempli de bières et on boit, on rigole, certains posent des questions. Les enfants s’amusent à se faire peur avec un serpent en plastique. Il faut savoir qu’il n’y a pas d’école dans la maison. Les enfant doivent aller vers Betong, à 3 heures en scooter. Ils ne sont donc à la maison que les week-end et les vacances scolaires, à partir de l’âge de 6 ans. Dur…

Nous avons les yeux écarquillés et le sourire jusqu’aux oreilles. Mais le peu de sommeil et la fatigue de la marche se font sentir, il est temps d’aller au lit…

Le lendemain nos hôtes nous laissent dormir et nous nous levons un peu avant 9h. Il était temps car tout le monde nous attendait pour… Makai !

Un petit déjeuner fait de tous les restes de la veille (oui oui les chauve-souris aussi !), du riz, des crackers bref ! Après avoir un peu discuté sur le balcon, Chris nous propose de nous emmener à une cascade à une heure et demi de marche. Allez banco ! 

Les jambes sont encore un peu lourdes de la veille mais le soleil brille et les plantations de poivre sont un spectacle envoûtant. Le sol est toujours très glissant car la pluie a de nouveau fait son apparition pendant la nuit. Nous réalisons que nous sommes suivis par Siba et notre hôte. Cette excursion se fait en fait avec eux ! Nous sommes ravis ! En chemin, ils observent l’environnement et coupent du bambou vert pour cuisiner, cherchent du bois et du bambou sec pour faire du feu… Après 45 minutes de marche en descente, qui laisse donc présager un retour encore bien sportif et une sangsue sur mon mollet (que que quoi !?! bon bah en fait c’est pas si grave !), la suite de la marche se fait dans la rivière. Notre hôte lance un filet pour essayer de capturer quelques poissons. 

Notre hôte en action

Siba cueille du bambou



Nico donne un coup de main !

Les derniers mètres sont très ardus et le sol toujours aussi glissant mais nous arrivons enfin à la cascade. Encore un lieu secret, un de ceux sur lesquels on ne pourrait tomber sans guide. Notre hôte enfile son masque de plongée et part chercher des poissons. 

Nous restons assis à contempler les lieux. Chris part pêcher également pendant que Siba commence à couper les grands troncs de bambous secs récupérés en chemin, avec sa machette, pour lancer un feu. Il farcit les bambous verts de plantes (nous réaliserons plus tard qu’il s’agit en fait d’épinards et d’haricots verts qu’il fait cuire) et lance la cuisson. 






Bière, crackers, fruits, c’est reparti pour l’apéro ! Puis Chris et notre hôte reviennent avec du poisson. En fait; ceci est un pique-nique et le repas a été cueilli en route ! Dans les paniers traditionnels que chacun porte sur le dos (même moi j’en ai un !) se cachent des tupperwares plein de riz, des assiettes, des couverts ! On ne s’étaient rendu compte de rien !


Ce moment est parfait. On ne comprend pas tout ce qui se dit, mais ce n’est pas grave, l’ambiance… ce sentiment de partager un bout de vie avec eux… Cette impression aussi d’être en harmonie avec la nature et de si mal la connaître comparé à eux. 

Il est déjà 15h il est temps de rentrer. Notre hôte propose d’éviter la partie difficile et glissante du chemin en escaladant les rochers au dessus de notre tête. Et quand je vous dis escalader je n’exagère pas ! 

Le chemin du retour se fait dans la bonne humeur et toujours sous une chaleur écrasante !


Plantations de poivre

Poivre
Viens ensuite le temps d’un coucher de soleil magnifique. L’occasion de faire une rencontre surprenante : un énorme scorpion ! Heureusement que nous le voyons avant de marcher dessus !

Je retrouve dans ce coucher de soleil, tous ces couchers de soleil que nous avons pu voir en Asie, toutes ces soirées où la vie me semblait parfaite, tous ces instants où l’on est juste présent et ancré dans un moment. Le soleil, les bananiers, les montagnes, les nuages… mon Asie chérie, que tu m’avais manquée !

Au loin, l'Indonésie

La maison longue cachée dans les arbres




La soirée est encore bien joyeuse malgré l’absence de beaucoup d’enfants. Nous sommes dimanche et plusieurs parents sont partis accompagnés leurs petits à l’école. C’est la fin des vacances scolaires et ils doivent veiller à ce qu’ils ne manquent de rien dans leur internat. Les parents passent donc la nuit en dehors de la maison longue. 

Malgré tout, les rires sont encore au rendez-vous, d’autant que Siba dégaine une bouteille de vin de riz. Ici il se boit cul sec ! Il remplit le verre jusqu’à raz bord et hop ! Puis il le remplit à nouveau et au suivant ! Et ça tourne comme ça entre chaque habitant de la maison.

Un fermier nous interroge sur l’heure qu’il est en France. C’est aussi l’occasion d’expliquer que le soleil à cette période de l’année se couche tard chez nous. Ils sont effarés. Ici le soleil se lève à 6h30 et se couche à 18h30 toute l’année. Ils ont du mal à concevoir cela autrement, d’autant que ça signifierai travailler jusqu’à 22h dans les plantations !

Bientôt le générateur va s’éteindre et la maison sera plongée dans le noir… nous allons nous coucher.

Au réveil, mauvaise nouvelle, il pleut à torrent. Nous sommes censés repartir vers 8h30 car une marche de 4h jusqu’à la voiture nous attend. Mais impossible de partir dans ces conditions. C’est la tempête ! J’interroge Chris car il me semble que cette météo n’est pas de saison, ce qu’il me confirme. Il nous explique également que c’est très mauvais pour le poivre. En effet c’est la période où il est collecté et de telles tempêtes cassent les arbres et abiment les récoltes.

C’est finalement vers 11H15 que nous quittons la maison longue encore plongée dans la grisaille, après une photo avec nos hôtes. Tout le monde nous dit au revoir , nous sommes ébahis par tout ce que nous avons vu.

De gauche à droite : le femme de notre hôte, la femme de Siba, Siba, notee hôte, Chris

La route est longue et douloureuse à nouveau. Le chemin est glissant et pentu, il faut traverser 7 rivières et nos jambes commencent à ne plus trop suivre après ces journées intensives. 

Il est tard, déjà 14h45 et nous ne sommes toujours pas à la voiture ! Quand on pense à toute la route qu’il nous faut encore parcourir. Il reste encore une bonne heure de marche ! Nous arrivons à une autre maison longue, Chris demande s’il est possible de nous ramener en pick up jusqu’à la voiture. Les femmes de la maison nous sourient, une d’entre elle parle un peu anglais et nous dit de venir séjourner chez eux l’année prochaine pour la fête du riz. Toutes rigolent en repensant à cette fameuse fête et des jeux qu’ils y ont fait. On sent que ces festivités sont très importantes pour les Ibans et qu’elles ont l’air de représenter un divertissement important ainsi qu’un sujet de conversation intarissable. Sans compter que c’est souvent à ces occasions que les couples se forment. 

Le pick-up nous emmène : ouf ! Une fois en voiture nous passons récupérer nos gros sacs à dos. Ils ont été gardés par des amis de Chris, dans une autre maison longue au bord de la route. Alors qu’ils discutent entre eux, le mot makai apparaît dans la conversation. Là on le sent venir, on va manger ! Bon à vrai dire c’est bienvenu ! Il est 16h et nous n’avons plus rien avalé depuis des heures. En quelques minutes, un festin est sous nos yeux ! La nourriture est toujours prête c’est incroyable ! Riz, poulet au gingembre, les fameux crackers ! Thé, café, alcool de riz ! Tous sont adorables et lorsque nous les quittons, les enfants nous lancent de grands « bye bye ».

Nous atteignons finalement Kuching à 21h  avec une arrivée en fanfare puisque nous avons réservé un hôtel plutôt classe et que nous débarquons avec nos chaussures couvertes de boue, nos cheveux en pétard, nos jambes sales et nos yeux à moitié fermés. L’occasion d’une dernière rigolade avec Chris, qui nous laisse ici. 

Inutile de vous dire que ces journées passées dans cette maison longue resteront un souvenir marquant de notre périple à Bornéo.

Nous voilà à présent sur les îles Perhentian, un retour aux fondamentaux pour nous puisque nous y avions séjourné pendant notre grand périple. L’eau est toujours aussi belle et nous sommes bien dans notre petite guesthouse mais malheureusement certaines choses ont changé sur l’île et nous avons perdu notre plage de rêve, elle n’est plus qu’un vaste chantier… tristesse. Bref, nous reparlerons de tout ça plus tard ! à bientôt !


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vendredi 10 juin 2016

Gunung Mulu National Park : aventure au coeur de la jungle !

Gunung Mulu, entrée de la Lang Cave
Eh bien ! Que de belles choses ! Et que d’aventures ! 

Nous nous sommes envolés pour le Gunung Mulu National Park mercredi ! Pour l’atteindre, il faut d’abord se rendre à Miri puis prendre un coucou (comprenez un avion à hélices) pour Mulu. Le vol ne dure que 20 minutes et offre une splendide vue sur la jungle ! 




L’arrivée est épique ! On sort sur le tarmac et on longe la piste pour entrer dans le minuscule aéroport. Les bagages sont tractés sous nos yeux jusqu’au petit hangar qui sert à les récupérer. On se croirait dans un vieux film d’aventure ou dans un James Bond ! 

Après quelques minutes en voiture pour rejoindre les bureaux du parc, nous voilà enregistrés et installés dans notre lodge ! Oui ici, rien à voir avec Bako ! À Mulu tout coûte plus cher mais tout est plus classe. Les infrastructures, l’entretien des chemins de rando, et les logements ! On ne boude pas notre plaisir face à ce confort après nos 2 jours à Bako ! 

Le lodge

Nous attaquons directement avec une expédition de 4 heures. Après une heure de marche dans la jungle sur un chemin de bois, nous arrivons à Lang Cave, une immense grotte dotée de belles formations toujours aussi fascinantes. Puis nous nous rendons au clou du spectacle, Deer Cave, la plus grande grotte du monde ouverte aux visiteurs. Jusqu’à 2009, c’était la plus grande grotte du monde tout court mais elle a été détrônée par une nouvelle grotte découverte au Vietnam. Cette dernière cependant n’est pas ouverte au public ou seulement à quelques explorateurs chevronnés et fortunés. A priori il y aurait 10 jours de voyage et cela coûterait dans les 3000 dollars.




Filaments tissés par des vers...


Parés pour la découverte !
Bref, Deer Cave est spectaculaire ! Plus de 2km de long et 174m de hauteur ! Je ne sais pas si vous pouvez vous figurez ce que cela représente mais l’entrée est tout simplement bluffante. Non contente d’être immense elle est aussi le refuge de 3 millions de chauve-souris qui tous les soirs (enfin on en reparlera), sortent se repaître dans la forêt. 

Qui dit chauve-souris dit caca de chauve-souris (on appelle ça le guano), de partout dans la grotte ce qui entraîne une odeur vraiment dégoûtante. Cela ne nous empêche pas de savourer la visite, tant cette oeuvre de la nature est extraordinaire. Nous nous sentons minuscules, et vous devriez avoir aussi cette impression en voyant les photos. 


Trouverez-vous le président américain caché dans cette photo ?

Minuscules face à la nature...



Après trois bonnes heures de crapahutage, nous ressortons de la grotte et nous installons dans le petit amphithéâtre placé à l’entrée et destiné à observer la sortie des chauve-souris. Tous les soirs donc, entre 17h et 18h30 elles partent en un flot ininterrompu pendant une vingtaine de minutes. Sauf, s’il fait trop gris ou qu’il pleut. Il fait beau, nous sommes confiants. Nous patientons jusqu’à 18H45, dans une ambiance joviale avec tout le monde et… rien ne se passe ! Un petit groupe ou deux mais rien de plus ! La déception ! 

Nous voilà donc tous à re-parcourir dans la nuit (eh oui ! n’oublions pas que nous sommes sur l’équateur, le jour tombe autour de 18h30), les 3 km qui nous séparent des bureaux du parc. L’occasion de croiser quelques animaux de nuit comme les lucioles (ahhhh les lucioles !!!). 

Qu’à cela ne tienne, il nous restera le lendemain pour tenter à nouveau notre chance avec les chauves-souris !

La mue de Cobra
Jeudi matin, nous nous réveillons tranquillement et nous lançons dans la Paku Valley Loop, une marche de 8km à travers la jungle. À Mulu tout est bien balisé et la plupart des chemins sont recouverts de lattes de bois ou de ciment. Mais pour cette marche, il faut quitter la route normale et tâter véritablement le terrain, ce qui m’angoisse un peu car nous avons vu la veille une immense mue de cobra (environ 2 mètres) dans les feuillages et que le sol boueux par endroit peut cacher des sangsues. Bref, nous y allons quand même, pensant faire étape à la cascade de Paku où l’on peut également se baigner. 

Alors que nous avançons prudemment, je me mets à hurler, quelque chose m’a piqué et ça brûle ! Impossible de savoir quoi. J’enlève immédiatement chaussure et chaussette, pas de trace de morsure juste une grosse sensation de brulure. Ni une, ni deux, Nico dégaine l’aspivenin ! 4 ans qu’il attendait d’être utilisé ! Et enfin !! ça me soulage, même si on ne sait pas du tout ce qui m’a piqué. Mais rien de bien méchant !


Une branche ? Non, un insecte ! (Stick insect = phasme)



ça ? une cascade !?
Nous atteignons la cascade. On a pourtant  beaucoup voyagé en Asie, on sait qu’ils sont capables de survendre pas mal de choses, mais on se fait encore avoir ! Résultat bah la cascade de Paku, c’est l’arnaque ! Il y a peu d’eau et pas vraiment d’endroit où s’installer pour le pic-nique. Quant à la baignade, la rivière est transparente mais son fond marron et ses berges boueuses n’inspirent pas.

Nous nous installons dans une sorte de petite cabane où trois femmes qui ont l’air de travailler pour le parc, font la sieste. Elle sont toutes équipées de couteaux de chasse et de bâtons, rassurant !

Nous reprenons la route pour les 5 derniers kilomètres, esquivant tantôt la boue, crapahutant entre les racines immenses puis regagnant un chemin un peu plus clément avec de nouveau des cailloux puis du bois. La promenade est agréable même si nous aurions apprécié d’être avec un guide pour voir ce que nos yeux novices ne peuvent déceler. 





De retour à la chambre, une sieste s’impose. Eh ! 8km de marche dans une jungle moite sous 35 degrés, ça casse. Mais elle est brève car nous devons à nouveau parcourir les 3km qui nous séparent de l’observatoire des chauve-souris. Le temps est couvert, ça s’annonce mal mais bon, on tente notre chance. 

Nous arrivons à 17h10, plutôt satisfaits de notre chrono (3km en 35minutes, pas si mal en marchant !) et nous installons. Le ciel est de plus en plus noir…jusqu’au drame. Il se met à pleuvoir à torrent. En fait, ça nous fait rire. Tout le monde s’abrite un peu dépité, dans une ambiance de colonie de vacances. Quand soudain, les chauve-souris commencent à sortir ! Non mais on se moque de qui ? Par beau temps personne et là sous la pluie, tout le monde dehors ?

Nous ne nous imaginions pas ça comme ça. Dans notre tête ça allait être un défilé émanant de l’immense ouverture de la grotte, en mode Batman ! Mais en fait, elles montent par groupe, assez haut dans le ciel et partent en faisant une sorte de danse. C’est assez joli. 

Nous restons un long moment à les observer avant de rentrer à nouveau, dans la pénombre.




Un énoooorme escargot !

Aujourd’hui nous avons un vol à 13h15 (hahaha, rire jaune, on va en reparler), mais nous voulons mettre à profit notre dernière matinée à Mulu. Nous optons donc pour une promenade dans la canopée. 

De nouveau nous parcourons un bon kilomètre et demi avant de l’atteindre. Puis nous grimpons à 15 mètres environ au dessus du sol, pour surplomber la jungle. Les passerelles sont très étroites et se balancent quand on avance. Tout cela au-dessus du vide, un grand moment pour les gens au vertige facile comme…euh.. bah comme moi ! Cela étant dit, surplomber la forêt tropicale est super ! Les arbres sont tellement immenses ! La plupart nous dépassent encore largement ! 









Nous retrouvons la terre ferme et repartons au minuscule aéroport de Mulu pour prendre notre vol Mulu-Kuching qui doit donc partir à 13h15. 

Et là c’est vraiment le drame ! L’hôtesse nous annonce que le vol est annulé à cause de problèmes techniques à Kota Kinabalu. On pense qu’en réalité nous étions les seuls avec un autre gars sur le vol et qu’ils l’ont annulé faute de monde. Bref, l’hôtesse nous propose de prendre un vol pour Miri à 14h30 puis un autre vol pour Kuching à 20h15. Super ! La journée paumée ! 

Elle imprime la carte d’embarquement et nous voyons que le vol pour Kuching est inscrit comme partant à 22h25. Ah bah oui, le temps d’imprimer le billet et il a été décalé ! Pim ! 2h de plus dans la figure. C’est le drame ! Je m’énerve, si je pouvais je mordrais tellement ça me dépite. On laisse passer la tempête, on mange et on part pour Miri dans notre coucou.

Le dépit a un visage...
Une fois à l’aéroport, on tente de voir quelles sont nos options, il y a un vol à 16h40. Ah bah oui mais non ! Parce que nous volons avec MAS wings, la branche low cost de Malaysia Airlines (comme Hop chez Air France) et que ce vol de 16h40 est opéré par la Malaysia « véritable ». L’hôtesse nous dit de nous mettre sur liste d’attente pour un vol à 19h qui est complet et que sinon ça sera le vol de 23h15. 23h15 ?! QUOIi ??? Ah bah oui il a de nouveau été repoussé ! Non mais non ! MAIS QUOI ????? Bon là, on m’a perdu. Toutes mes excuses à Nico qui s’est coltiné la tornade Charlène pendant 45 minutes. Je ne redescendais plus tant j’étais en colère, dégoûtée, tout ce que vous voulez. 

D’autant que nous avions un programme à Kuching et surtout que le programme des jours à venir est chargé ! En effet, nous partons demain à 6h du matin pour 4 heures de voiture puis 7h de marche à travers la montagne et la jungle pour rejoindre une famille dans une longhouse (maison longue traditionnelle de Bornéo), avec qui nous allons vivre jusqu’à lundi. Autant dire qu’il va falloir des forces et que la nuit va être courte ! Enfin bref, nous verrons bien !


On vous tiendra au courant dès que l’on peut, en attendant espérons que l’on puisse rentrer à Kuching ! Nous n’avons pas eu de place sur le vol de 19h, nous attendons sagement celui de 23h15… À très bientôt !
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